Notre séjour en Iran.

Publié le par laurent ravagni

 


  Après un premier article rapide sur nos sentiments envers le "pays des Mollahs", voici un aperçu de notre séjour en Iran.
  Après les difficultés rencontrées pour l'obtention des visas en Turquie, nous avons traversé la frontière à Bazargan, village iranien limitrophe. Ce passage s'est effectué rapidement, même si la police turque nous a fait une petite farce ( le policier n'a voulu tamponner que mon passeport alors que je lui présentais les 5, et au dernier contrôle, le préposé nous a renvoyé à la case départ!). Les formalités iraniennes se sont effectuées avec l'aide de l'office du tourisme et de personnes en civile apparemment employées par les douanes.
  Le camping sauvage étant interdit (mais les campings inexistants) nous avons dormi la première nuit à l'écart de la route principale, au creux de petites collines, à l'abri des regards.
De passage à Tabriz, première grande ville sur notre route, nous avons essayé de transformer nos visas: la demande effectuée pour une double entrée devant nous éviter de refaire les démarches pour le retour de l'Ouzbekistan n'ayant pas aboutie au consulat à Erzurum, les employés de celui-ci nous avaient indiqué que nous pourrions le transformer sur place... Il n'en est rein, et un autre visa sera nécessaire sur le retour! Le retard pris en Turquie, le coût pour les 5 passeports avec les commissions d'agence et le travail scolaire qui nous ralenti dorénavant, nous ont fait abandonné la boucle prévue en Asie Centrale.J'en parle à regrets encore régulièrement. (La recontre avec des chauffeurs kirghyzes à la frontière turque puis dans un garage de Dogubayazit a ravivé ce sentiment)

                  EN ROUTE POUR LES BORDS DE LA MER CASPIENNE

  Décrite par notre guide Lonely comme la plus belle partie de la côte iranienne, nous voici sur la route d'Astara, à la frontière de l'Azerbaïdjan, via Ardebil.
  De cette grosse ville ( elles le sont quasiment toutes) nous devons expédier les premières évaluations des enfants. La grande Poste trouvée avec l'aide de la Police s'avère ne pas être la bonne et nous avons pu alors éprouver la générosité de ce peuple iranien. Une première personne parlant anglais m'a aidé au guichet ( le préposé n'étant pas anglophone et fonctionnaire de surcroît!) puis 2 jeunes étudiants en vacances m'ont pris dans leur voiture pour m'emmener dans un autre bureau plus au centre: trop difficile pour faire le trajet en camion selon eux. Le sens de l'accueil va même jusqu'à payer l'affranchissement à ma place. Sur la demande d'un magasin alimentaire un peu plus important que les habituelles boutiques, nous voici reparti, cette fois au volant de Baobab sur mon insistance, en les suivant jusqu'à un supermarché. Une fois les courses terminées en leur compagnie, le total dépassera ma réserve de Rials: qu'a cela ne tienne, un des 2 payera avec sa carte de crédit. Problème: il est déjà une heure, nous sommes jeudi et les banques sont fermées jusqu'à samedi. Il acceptera des euros sur mon insistance, voulant apparemment me laisser repartir sans le rembourser...
  Après 2 jours à Sareyn et des bains dans une eau thermale dans des piscines hommes/femmes séparées bien sûr, nous poursuivons vers la mer.
  Le littoral caspien nous a semblé bien sale, sans être très joli: certes les paysages sont très différents du reste du pays plutôt sec. Cette partie montagneuse est boisée, et il y reigne une atmosphère chaud humide.

                                TEHERAN, OU LA VILLE MAUDITE.

  Après un accueil chaleureux à Mangil ( région très venteuse parsemée d'éolienne) par des habitants qui nous accaparent pour le repas de soir et nous emmènent en voiture à quelques kilomètres pour voir un cypres plusieurs fois millénaires, nous nous dirigeons vers Téhéran à contre coeur: de l'avis de tous cette ville est gigantesque bruyante, nauséabonde, polluée et sans attrait. Nous le verifierons effectivement.
  Les visas syriens étant difficiles à obtenir en Turquie, nous avons décidé de tenter la demande à Téhéran. Après obtention d'une lettre de recommandation auprès de notre ambassade, nous voici devant le consul pour interview: pourquoi venir ici en Iran, pourquoi aller en Syrie, que pensons nous d'Israël, le tout en anglais. Apparemment décidé à nous les donner, il me réclame nos passeports pour le garder 4 jours. Devant mon refus de rester dans un pays étranger sans ces documents, il hésite et accepte finalement d'en faire une copie et me demande de revenir dans 4 jours donc. Ne voulant pas rester dans la capitale (ou la police nous réveille parfois en pleine nuit- il est impossible d'y trouver un camping-) je lui indique que ce sera peut-être dans 5 ou 6 le temps de voir Ispahan et de revenir. Il est alors convenu que je devrai l'appeler pour préciser le jour exact. Il ajoutera une semaine et demi de délai le jour de coup de fil, pour finalement ne pas nous les donner, en envoyant un chauffeur nous en informer qui refuse que je parle avec le diplomate, après une nouvelle attente d'une heure sur le troittoir cette fois. Le message est bien reçu: la prochaine fois, nous ne poserons pas de conditions. Ce délai imposé nous a permis de visiter Shiraz et Yazd, alors que nous avions décidé de nous limiter à Ispahan, qui est la ville la plus intéressante.

                                L'ACCUEIL TOUJOURS AUSSI FRATERNEL.


  Alors que nous sommes arrêté pour le petit déjeuner dans un chemin creux à l'écart de la route, un pick-up s'arrête, très surpris de nous voir là. En fait, nous pensons que c'est souvent de la surprise et donc de la curiosité que les gens éprouvent envers nous: certains osent nous aborder pour 1 ou 2 mots, d'autres pour beaucoup plus; mais aussi certains sortent les téléphones portables pour nous photographier à la sauvette, nous ou le chien.
  Le chauffeur de cette voiture est en fait le patron d'une petite entreprise textile voisine qui nous invite pour le thé et nous laisse ses coordonnées à Ispahan. Nous le reverrons le soir et il nous enverra son fils ingénieur en mécanique actuellement au service militaire qu'il effectue en service civil dans les montagnes du Zagros. Il nous propose que nous l'accompagnons dans le petit village où il travaille, afin de nous faire découvrir la région. Nous passerons en sa compagnie et celle de ses amis de bons moments avec possibilité d' échanger un peu que d'habitude, dans la mesure où il parle anglais.

                              LE RETOUR EN TURQUIE ET LES VISAS SYRIENS.

  Après visite de Shiraz et Yazd et le passage obligé par Téhéran, nous prenons la direction du retour en Turquie. Le franchissement de la frontière turque a été un peu long: 1/2 heure pour les formalités iraniennes; 4 heures pour les turques.
Un jeune douanier  a exigé un passage au rayons X du camion dans un batiment à quelques centaines de mètres avec les poids lourds en compagnie d'un de ses subordonnés: devant le risque d'irradier la nourriture, l'opérateur très sympatique a préféré nous faire décharger toute notre réserve alimentaire. De retour devant lui, il a voulu un papier de ce test, ne voulant pas croire son collègue, lequel papier n'a jamais été rédigé. Un coup de téléphone a tout de même débloqué la situation. Il ne nous semble pas qu'un quelconque bakchich ait été attendu!
 Après réparation du pot d'échappement du camion à Dogubayazit que nous connaissons bien maintenant, nous avons roulé jusqu'à Gaziantep ville à 60 km de la frontière syrienne. Un consulat syrien devrait nous permettre d'obtenir les visas. Nouveau problème: il demande comme en Iran une lettre de recommandation de notre ambassade d'Ankara, laquelle n'en délivre plus depuis 6 mois... Un peu abasourdis, nous entrons à tout hasard dans une agence de voyage: celle-ci peu nous procurer une entrée immédiate au tarif d'un groupe, aucune autre solution ne semble possible. Nous passons donc la frontière samedi 18: un guide doit nous y attendre pour s'occuper des formalités. N'ayant rien sur nos passeports émanant d'une autorité syrienne, nous verrons bien...

 

Un dossier photos sera inséré dès que possible, après tri de celles-ci!
                                  

Publié dans Articles des grands

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R
Salut Loïc,
c'est Simon. J'éspère que l'école ne te manque pas trop, et avec Carl on pense à toi. A la maison,nous suivons votre voyage sur une carte.
A la prochaine.
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Y
Bonjour les grans voyageurs ! Décidément que de soucis pour obtenir les documents nécessaires! Heureusement que l'accueil des habitants est sympa, cela aide à oublier les tourments administratifs.
Cela vous oblige à modifier votre programme, mais vous voyez des paysages différents et vous avez pu connaître mieux ce pays. Bonne continuation et bon courage pour les futures démarches; Bisous à vous tous Yvette
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