SYRIE, PAYS CHARGE D'HISTOIRE

Publié le par laurent ravagni

 

Après quelques inquiétudes au sujet des visas, le passage à la frontière s'est révélé très facile. Le premier contrôle ( réclamant immédiatement les visas) passé gràce à la fiche de l'agence turque, il a simplement fallu attendre 1/2 heure sur l'horaire prèvu pour que la personne de l'agence syrienne arrive sans se presser et qu'il effectue toute les démarches pour nous en 1 heure. Nous voici donc en possesion de visas qui nous permettent de rester 10 jours, à titre individuel. Nous pourrons sortir normalement sans son aide, contrairement à ce qui était prévu au départ, ce qui s'est révélé exact à la frontière jordanienne.

Ici, l'accueil est toujours aussi chaleureux, surtout si on reste à l'écart des grand lieux touristiques: invitation à manger et à dormir dès le premier jour alors que nous nous sommes arrêté dans un champ pour le repas. Assis sur les tapis à même le sol, la maison est poutant assez grande avec cuisine intégrée, le repas se prend sur une toile cirée, en compagnie des hommes de la maison et des amis appelés pour l'occasion. Dans l'après midi, alors que nous sommes dans le camion pour les devoirs, un attroupement non loin de nous attire notre attention: une soeur de notre hôte est décédée entre temps, on l'enterre immédiatement, entre homme encore une fois. La cérémonie finie, il est déjà tard et nous décidons de nous coucher. Quelques minutes plus tard, il faudra me relever: on frappe à la porte pour venir nous chercher pour la soirée. J'irais seul, pour discuter en anglais avec le neveu de 20 ans devant les programmes de télé en arabe, avec l'inévitable verre de thé.

                                                           AدN DARRA

Première visite de la journée du lendemain, site datant du Xème siècle av JC: temple placé au sommet d'un tell ( petite colline au sommet plat) dédié à Ishtar déesse guerrière. Construit en basalte noir, certes en ruine, mais surprenant tout de même.

                                                           QALA'AT SAMAAN

Ou monasrère de Saint Siméon. Au environ de 400 ap JC, un berger chrétien s'est planté au sommet d'une colline sur une colonne de 28 m de haut, de 2 m² pour y méditer, dormir, manger une fois par semaine! Notre homme ayant fait des miracles ( ah, ces religions et leurs croyances...) un empereur y a fait édifier une basilique énorme qui attira les pélérins pendant des années. On y baptisait les pélérins pas encore catholiques à la chaîne. Beau monument et vue superbe.

                                                          QALA'AT SALAH ED-DIN


Ou chateau de Saladin. Cette fois c'est un ancien chateau médiéval construit par les croisés francs sur des vestiges byzantins, conquit par les Arabes conduits par Saladin. On vous épargnera les leçons d'histoire avec toutes les dates. C'est le plus gros du Prôche-Orient: posé sur une colline très abrupte sur 3 côtés, on y fit creuser un fossé sur le 4 ème, en prenant soin de laisser une aiguille au milieu de celui-ci pour soutenir le pont levis. Impressionnant. Saladin réussit son coup en arrivant à l'opposé, endroit le plus éloigné de la forteresse et le moins bien gardé. Ca grimpe dur quand même.
Ayant dormi 2 nuits près de ces sites touristiques, les gardiens nous font un bon accueil, mais bien sûr pas aussi amical qu'en rase campagne.


                                                            ALEPPO.

Que nous appelons Alep. Une des plus anciennes villes habitées sans interruption. Avec évidemment ses monuments: citadelle placée sur une colline, vieille ville avec ses souks couverts. Différents des souks du Maghreb que nous assimilons plutôt à des marchés en plein air, ils sont à l'image des bazards ottomans ou perses, avec des ruelles couvertes où le boucher cotoie les boutiques de souvenirs pour touristes ou encore l'épicerie, voir le magasin de ce fameux savon d'Alep.
Gràce à un rabatteur pour une boutique à touristes, nous avons pu visiter une des 2 dernières fabriques pas encore en activité en ce moment ( la cueillette des olives bât son plein et il faut de plus attendre qu'il ne fasse pas trop chaud pour cette fabrication). Tout y est fait artisanalement, à base d'olive, 100% naturel. Le jeune propriétaire actuel nous en a fait une visite commentée, avec diaporama sur PC pour nous faire bien comprendre le travail. Le plus étonnant est la découpe des carrés: après chauffe de 8 heures, le liquide est pompé de la cave sur le grenier, et étendu à même le sol sur 5 cm d'épaisseur. Une fois durci ( 3 à 4 heures) 4 hommes chaussés de planches de bois tirent sur des cordes reliées à un morceau de bois muni de 4 lames, lesté par un enfant debout dessus. Estampillage à la main 2 par 2, séchage de quelques mois. Puis en vente, chez Auchan par exemple. Nous serions  curieux d'en connaître le prix ( 1kg pour 500£ - 8€-syrien directement chez le producteur!)
Ici les touristes affluent: voila 3 fois que nous rencontrons un groupe français, parmi lequel se trouve des gens de Nancy et de Ancy/Moselle, Thionville...
Un petit tour le long de la Méditérannée, qui selon notre guide du routard n'a rein d'attrayant (ce que nous confirmons) et c'est:

                                                           LE KRAK DES CHEVALIERS.

Encore un vestige de l'époque des croisades. Chateau bati par les Kurdes ( d'où son nom) il fut occupé par les croisés, avant d'être pris par les Arabes. Etant bien conservé, on se rend bien compte de la vie de l'époque, avec les latrines adossés au mur de la salle principale, à l'opposé de la cuisine et de la réserve alimentaire! Celui ci figure même dans le manuel d'histoire de 5ème utilisé par Gaëlle.

                                                           PAlMYRE, CITE ANTIQUE DU DESERT.

Et encore des vieilles pierres. Cette fois de style romain. C'est en fait une ville antique fondée dans une oassis qui avait l'avantage d'être à l'époque une zone franche, attirant les commerçants qui semble-t-il avaient les mêmes intérêts qu'actuellement.
Il en reste de magnifiques colonnes, un ou 2 temples, et l'occasion de faire marcher l'économie locale. A quand les beaux paysage naturels, nous allons frôler l'overdose de sites historiques. C'est tout de même un site à ne pas manquer. Nous avons pu dormir au milieu des ruines  classées par l'Unesco ,assez magique non ?

                                                           DAMASCUS.

Damas pour nous. Nous limitons la visite à l'ancienne ville: souks avec ruelles couvertes, lot de monuments anciens et religieux. Allons donc voir le palais Azem, ancienne demeure damascène de la dynastie des califes Omeyades, transformée en musée des Arts et Traditions Populaires. Murs ornementés de bois peints ainsi que les plafonds, pièces réservées aux hommes séparées de celles des femmes, on sent l'influence de l'Islam. Reste encore un thêatre romain à voir à Bosra ( classé par l'Unesco) et ce sera la frontière jordano-syrienne, le 10 ème jour du visa est déjà là.

 

Publié dans Articles des grands

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