Soudan,ou le debut du voyage en afrique.

Publié le par laurent ravagni

Le Lac Nasser enfin traversé et les formalités de douanes effectuées à Wadi Halfa, nous débarquons vers cette Afrique que nous imaginons: Noire, souvent pauvre et accueillante.
Le chien a eu droit à la visite du vétérinaire ( il est vrai que nous attendant seul sur la barge des véhicules, les autorités ont eu tout le temps de le repérer) mais celui-ci mulsulman comme tous ici et pas très courageux devant l'animal l'a vu de loin!
Première nuit en bivouac à la sortie de la petite ville ( plutôt gros village) avec le reste des voyageurs, en attendant le lendemain que le bureau d'enregistrement des visas ouvre: démarche obligatoire en plus de la Police d'Immigration classique et bien sûr payante: 35$ US par passeport, en plus des 100 de visa, l'Etat soudannais n'a pas oublié de se servir!
La route vers Khartoum en macadam à travers le désert ne présente pas d'intérêt, nous irons donc par la piste le long du Nil en compagnie du camion Angaléo, qui semble assez content de ne pas faire ce bout de chemin seul. Nous aurons droit à une projection sur grand écran d'un dessin animé en plein désert, sympathique.La piste, tantôt tole ondulée, tantôt trés cassante avec passage de fesh-fesh ne nous fait que progresser lentement. Le hazard des arrêts nous fait rencontrer régulièrement les 2 Lands qui roulent ensemble ou le couple allemand déjà vu en Jordanie, à notre grand plaisir.
Cette partie du Soudan, la Nubie, très désertique, nous laisse un bon souvenir: la population est très souriante, les bivouacs sauvages très sûrs et la prèsence du Nil permet à la végétation de s'épanouir sur quelques dizaines ou centaines de mètres par endroit: irrigation avec champs de céréales, tomates, canne à sucre... Les maisons en torchie ont une architecture caractéristique: un mur d'enceinte entoure une grande cour autour de laquelle les habitants ajoutent des pièces au fur et à mesure que la famille s'agrandit.
C'est effectivement l'Afrique: alors que nous allions bientôt nous arrêter pour le petit déjeuner ( partis sans Angaléo de bonne heure sur une portion de goudron que nous avions espéré longue) un 4x4 répare sa roue crevée à la sortie d'un village à la méthode locale: pas de roue de secours, on démonte le pneu pour coller un bout de chambre à air sur le trou et regonflage, à la main! Un camion est alors intéressant pour utiliser l'air comprimé destiné au frein. Nous déjeunons donc en attendant que la colle soit sèche avec thé offert. Regret: un des passagers nous propose de les suivre vers chez eux sur une petite île sur le Nil ( Say Island): cela nous ferait rebrousser la piste sur 30 km, et Angaléo doit nous rejoindre plus loin, nous refusons donc. Nous apprendrons plus tard par un archéologue français recontré à Dongola que ce site est remarquable historiquement avec traces préhistoriques, ville pharaonique, tombaux... N'ayant pas de guide touristique ( rien n'existe en français) nous ignorions cela.
Dongola, fin de la piste. Encore une rencontre avec les 2 Lands et bivouac au pied d'une dune ensemble, avec à nouveau ciné grand écran pour le film L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux en leur compagnie. Petit ensablement pour les 2 camions, gonflés comme nous sommes pour la route, ça ne pardonne pas! Dégonflage et ça sort tout seul sans les plaques, Angaléo apprend petit à petit.
On enjambe le Nil à Karima par un pont construit par les chinois: on les retrouve souvent dans cette partie Est de l'Afrique pour les infrastructures routières ou la téléphonie mobile. Macadam à travers le désert en route directe vers la capitale, rien à voir, circuler. Nous prenons malgré tout notre temps pour faire les devoirs et finir des évaluations qui devront être envoyées de Khartoum. Salut les belges, on se reverra au Blue Nile Sailing Club pour le camping urbain. Lors d'un arrêt pour ravitailler nos jerricans d'eau utilisée pour le système Pantone à un puits, les personnes m'ont fait un baptème de dromadaire: c'est décidé, le prochain voyage se fera en dromadaire!
Ce camping est en fait le parking d'un club de voile où les membres d'ambassades ou de l'ONU ainsi que quelques soudannais apparemment aisés viennent se détendre et quelques fois naviguer. Peu de matériel en état, coque de 420 et de 470 à l'abandon, planche avec voile déchirée qui traine dans l'eau. Mes planches intéressent un membre, nous nous séparons d'une, nous ne mettons jamais les 2 à l'eau. Naviguer sur la mer impressionne une peu les jeunes! Par contre, je n'ose pas essayer ici: l'eau du Nil peut contenir la bilarziose, même si les gens nous affirme que non ici. ( Nous n'avons pas vu d'européen se baignant!)
La fête du mouton donne lieu ici à 10 jours fériés, avec combinaison des week-end ( vendredi samedi). L'ambassade d'Ethiopie est donc fermée:" wait just a minute". Nous profitons donc de cette attente pour aller 2 jours voir les pyramides de Meroe à 200 km au Nord-Est, encore sans Angaléo qui a des problèmes de frein ( "poumon" arrière qui fuit depuis l'Egypte, et casse d'un goujon au démontage, cela s'avère difficile de trouver des pièces ici). Le site est assez sympa, avec des édifices assez petits, noirs, sur un ensablement ocre: beau coucher de soleil.
Retour à Khartoum pour l'ambassade et les visas éthiopiens obtenus dans la journée et départ le surlendemain après avoir à nouveau basculé la cabine de Baobab afin de revoir le serrage des brides de sortie d'échappement qui ont pris du jeu et après avoir aidé le camion Man a remonter sa pièce ressoudée ( impossible effectivement d'en trouver une autre) et de lui refaire son frein de parc gràce au kit de joint qu'il a malgré tout réussi à acheter. Etant pressé par un RDV à Addis Abéba, il part finalement seul devant notre rétiscence à nous dépêcher.
Goudron jusqu'à la frontière, le désert très sec et aride sans végétation fait place peu à peu à un paysage de savane avec des acacias et hautes herbes ainsi que des cultures céréalières. L'élevage est aussi plus présent, avec de gros troupeaux de bovins ou de chèvres et moutons. Le bivouac d'un soir nous a permis de rencontrer 2 jeunes bergers très souriants: il a fallu accepter le lait de chèvre qu'ils ont tiré spécialement pour nous une première fois: c'est l'heure du goûter, parfait. Peu de temps après, un 3ème jeune arrive sur un âne avec 2 bidons de 50 l pour la traite générale, et de nouveau nous aurons droit à notre part, cette fois pour le petit déjeuner du lendemain, non sans avoir partagé le thé au lait, sucré, chauffé sur un feu utilisant le crotin d'âne comme combustible, bu dans des verres n'ayant pas vu une goutte d'eau depuis un certain temps! Loïc a même eu le droit de s'essayer à la traite, au désespoir de la chèvre qui bèle alors qu'il doit lui faire un peu mal.
Voilà déjà Gallabat et la frontière, formalités rapides côté soudannais, rien à payer ( on nous avait annoncé une petite taxe de sortie), bon accueil éthiopien, même si à l'immigration, les passeports des adultes retiennent leur attention. En effet, il y a dessus tout nos tampons du premier voyage, et celui du Maroc semble les intriguer, surtout celui de Sylvie. Après des recherches dans de grands registres pendant de longues minutes où nous nous demandons un peu ce qu'il se passe, assis devant un bureau dans une case ressemblant en tout point à toutes les autres devant un homme et une femme sans uniforme, on nous dit "welcome" en nous tendant les 5 passeports tamponnés: bonjour l'Ethiopie. Heureusement qu'un vague panneau devant la batisse nous faisait supposer que nous étions bien devant la Police.
Ici comme au Soudan, pas d'assurance obligatoire pour les véhicules, nous roulerons donc sans...

 

Publié dans Articles des grands

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E
Les photos sont trop belles!
Est ce que les singes vous volent la nourriture?
Est ce que les gens sont curieux de vous voir avec votre camion et viennent vers vous?
Bonne continuation
Bises
Emma Mannari
Répondre
E
Les photos sont trop belles!
Est ce que les singes vous volent la nourriture?
Est ce que les gens sont curieux de vous voir avec votre camion et viennent vers vous?
Bonne continuation
Bises
Emma Mannari
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A
Les photos du Soudan sont vraiment magnifiques :-) Ça fait rêver

Apparemment, tout se passe au mieux, c'est super.

Moi, je reviens de NZ. C'était vraiment super. Le pays est très riche tant par sa culture, ses populations, ses paysages, etc... On s'y sent fabuleusement bien. Vivement le prochain voyage :-)

Je vous embrasse tous les cinq. Prenez soin de vous et, surtout : PROFITEZ
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M
Salut les Ravagni . Meilleurs voeux avec plein de découvertes pendant ce merveilleux voyage!
Les filles vous suivent de près, d'ailleurs moi aussi!!
Ps:finalement moins de soucis avec un bon vieux trm4000 qu'avec un man!!
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Y
Merci pour ces nouvelles de votre voyage. C'est super de rencontrer et faire un bout de chemin avec d'autres voyageurs. Apparemment, vous avez moins de problèmes avec les démarches. Les enfants ont-ils aimé le lait de chèvre ? Je vous renouvelle mes voeux pour cette nouvelle année. Il me semble que je l'ai déjà fait. Bonne continuation pour votre voyage et bisous à tous Yvette
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