FLASH-BACK.

Publié le par laurent ravagni

Nous voici à Cape Town depuis plusieurs jours, terme Sud de notre parcours africain, et enfin des nouvelles sur le blog!
Petites explications: les articles que nous y insérons sont préparés sur notre PC portable, afin de ne pas passer trop de temps dans les cyber-cafés où souvent une partie des enfants s'impatiente, et chose inévitable et fatale, à force de promener nos clés USB d'un ordi à l'autre, plusieurs virus ont contaminés notre informatique. De notre faute sûrement, dans la mesure où nous n'y avons pas installé d'anti-virus! Lente dégradation du système sans gêne au début, pour enfin ne plus pouvoir voir de photos ou ouvrir le disque amovible. Nous avons attendu de trouver un spécialiste dans une petite ville pour remédier au problème, nous n'avions pas envie de tourner en rond dans une capitale à la recherche de la personne compétente. Les petites villes namibiennes étaient propices, mais c'est seulement à Keetmanshop dans le Sud, que le soucis a été réglé.


ETHIOPIE, PAYSAGES MAGNIFIQUES SURPEUPLES.


C'est bien l'impression que l'on a en traversant ce pays montagneux. Le relief s'accentue dès la frontière soudannaise franchie et reste élévé jusqu'au Kénya. Les photos déjà publiées le montrent, avec des paysages verdoyants de toute beauté.
Mais que dire des habitants?  Très nombreux, il y a du monde partout, ils se montrent toujours demandeur d'une aumône, du plus petit au plus grand. Cela lasse, mais nous ne ressentons pas d'agressivité particulière après un refus. Par contre les bivouacs sauvages sont quasi impossibles. Nous nous sommes arrêté à l'entréesd'un village au bord de la piste entre la frontière kényanne et le début du goudron, mais après avoir demandé à une sentinelle militaire si nous ne gênions pas près de leur cantonnement. La vue tout au long de la journée de paysans armés de Kalachnikof le long du chemin ou dans les champs n'est pas pour engager à rester seul, et de toute façon, le terrain ne permet pas de trouver un coin tranquille à l'écart des regards. Les différentes personnes rencontrées ayant déjà visitées ce pays nous avaient décrit les gens comme un peu hostiles, avec jets de pierres au passage des véhicules, donc prudence. Il n'en a rien été, et seulement un caillou a peut-être pu nous être adressé au passage par des gamins. Réaction immédiate: stop et marche arrière en criant, et les jeunes détalent, on ne va quand même pas laisser faire!
Un 2ème bivouac dans un pré plusieurs jours plus tard nous a agréablement surpris. Plein de monde dès notre arrêt, vieux et jeunes nous entourent et nous proposent bâtons de canne à sucre, injéra et reste discuter en anglais. Déconvenu, le premier qui nous avait accueilli, berger de son étât, nous réclame 100 BIRRS ( monnaie éthiopienne) à notre départ... alors qu'une nuit en camping avec douche chaude est facturée 50! Dommage, il a tout gâché.
Mais qu'est-ce-donc qu'injéra? Plat national consommé aussi bien à la maison qu'au restaurant, ou acheté dans la rue nature, c'est une grande crèpe de 40 à 50 cm de diamètre légérement vinaigrée, sur laquelle on dépose de la viande ( en très petite quantité) ou des légumes pimentés. Certains disent que cela ressemble à une serpière et il est vrai que ça en a un peu l'aspect. C'est bon les premières fois, mais le choix n'est pas très varié.
Autre impression générale sur ce pays: la pauvreté se voit partout, ville et campagne confondue, et le nombre de personnes handicapées dans les rues est important: c'est le pays ou cela est le plus visible. Le système d'étât apparemment basé sur le modèle communiste ne développe pas l'agriculture, et cette richessse potentielle reste sous-exploitée. Outre le relief un peu abrupte pour des cultures modernes, la pluviomètrie actuelle devrait certainement permettre de nourrir mieux cette population nombreuse.

                                Notre parcours en Ethiopie:

après la frontière du Soudan, piste sur 250 km jusqu'à Gonder,arrêt à Gorgora près du lac Tana, petite visite vers les montagnes du Nord de cette ville pour admirer des babouins et direction Addis Abéba par le goudron. La route est longue dans ce relief et les moyennes horaires restent faibles.
Quelques jours à Bahir Dar au Sud du même lac, avec balade en bateau vers de petites îles habitées par des moines dans leur monastère protestant. Cela nous semble déjà bien touristique, et nous avons encore une fois l'impression de n'être considérés que comme des "pompes à fric" . C'est assez joli malgré tout et la promenade en vaut la peine. Autre détour vers les chutes du Nil Bleu, les 2ème d'Afrique en importance, paysage pittoresque, mais une centrale hydroélectrique détourne une partie des flots et les chutes sont de ce fait moins alimentées, donc moins spectaculaires.
Addis Abéba, capitale sans grand intérêt, mais visite tout de même au Musée national pour un petit bonjour à Lucie. Elle n'était pas grande. Vidange du moteur du camion et essai de changer une lame de ressort cassée: pas assez de temps pour nous. Le patron européen du garage m'explique qu'il faudrait 3 jours à ses ouvriers pour arriver à faire ce travail, et de plus c'est bientôt le nouvel an ici, en décalage avec le nôtre. Noël est le jour de l'Epiphanie religion oblige, mais l'heure est également différente: à midi pour nous, il est 6 heures ici. Autre particularité notoire: on parle l'Amarique, et on l'écrit avec un alphabet ressemblant vaguement à l'alphabet cyrrillique.
Passage au consulat kénian pour les visas: le monde est petit, il y a là Jacques, français voyageant en Unimog avec son chien que nous avions déjà vu à Bahir Dar et avec lequel nous avions passée une nuit à l'entrèe de la ville étonnament en toute tranquillité un peu à l'écart d'une zone "industrielle"; mais aussi ce couple d'Allemand Elke et Dietrich avec lesquels nous avions vogué sur le lac Nasser. Sur leur demande, nous nous fixons RDV à la frontière: les 100 premiers kilomètres côté Kénya seraient peut-être propices à faire la rencontre de bandits...

Le hazard de la route nous fait retrouver Angaléo qui était parti plutôt que nous du Soudan, devant retrouver de la famille à Addis. Très content de nous rencontrer, il nous fixe un RDV vers le Sud du pays pour franchir ensemble les 500 kms de mauvaise piste qui nous attendent à l'entrèe du Kénya. Le convoi de 3 véhicules semblera plus fort face à l'ennemi!

Direction Arba Minch, que la route est mauvaise. Notre moyenne est plus mauvaise sur le goudron truffé de nids de poule que sur les portions de pistes. Ce sont toujours des paysages de montagnes, avec plusieurs lacs. Le camping dans le terrain d'un hôtel surplombant l'un d'eux nous offre un spectacle magnifique. Et de nouveau Elke et Dietrich ont choisi ce coin pour la halte. Ce doit être la 10ème ou 12ème fois que notre chemin se croise sans le vouloir. Nous partagerons le prix du bateau qui nous emménera voir les énormes crocodiles du Nil et irons ensemble au Parc National du Nachisar. Quelques zèbres et Antilopes à voir, mais 20 kms de très très mauvais chemin  à franchir qu'aucun camion ne doit prendre ( il faut couper des branches à plusieurs reprises pour passer). Les montées à prendre en première courte vont évidemment se transformer en descente au retour: frisson au bord du ravin quand les amortisseurs très fatigués n'empêchent pas l'arrière de sauter sur les grosses dalles posées pour éviter le ravinnement de la piste et le camion de prendre un élan inquiètant. Heureusement, les replats stabilisent l'engin. A l'arrière, le stress augmente et quelques larmes coulent sur les joues de Maïté alors que Gaëlle lit!!!! Loïc assis devant dans la cabine est OK, si une prochaine fois se présente, Maïté viendra devant c'est beaucoup moins impressionnant qu'à l'arrière. 3 heures à conduire pour les 20 kms de retour: belle moyenne. Encore une fois, nous ne ferons plus confiance à un Africain pour nous assurer que le camion passe.

 

La vallée de l'Omo, au Sud-Ouest du pays, réputée pour ses populations indigènes typiques ( femmes-plateau par exemple) nous attirerait bien, mais les ponts à franchir sont, selon un  chauffeur de camion overlander ( promène-touriste)anglais, très limitent pour notre poids. De plus les nombreux 4x4 loués avec guide sillonent la région depuis déjà quelques années et ces autochtones ne sauraient plus rien faire d'autre que d'attendre le passage de ceux-ci pour exiger de l'argent pour tout, pire qu'ailleurs. Cela nous est bien confirmé par un couple français voyageant dans ce pays pour la 5ème fois: c'est même leur chauffeur-guide qui prend les photos! Donc cette vallée n'est vraiment pas pour nous.

La famille Angaléo nous rejoint et en route pour  Konso, un peu plus au Sud.  Prêt avant lui au matin nous partons avant eux. Il y a effectivement 2 ponts à franchir qui semblent bien solides. Mais sur l'un d'eux, quelques bacs acier ont été remplacés pas des planches de bois, moins épaisses. Et voilà que l'on commence à sentir le pont bouger à chaque passage de différence de niveau. Petite frayeur à nouveau. Y-a-t-il du réseau ici? Oui, donc prévenons Angaléo qu'il y a un passage sur le côté que l'on peut prendre en ce moment, la rivière est basse. Ne passant pas inaperçu avec ses autocollants à l'arrivée à Konso, il est vite repéré par un italien vivant là et travaillant pour une ONG qui s'occupe d'édication et à le projet déjà débuté de faire un cinéma. Il organise donc facilement une projection d'un dessin animé dans un petit village à laquelle Nicolas nous demande de venir: environ 1000 spectateurs sur le terrain de récréation de l'école, ou les enfants sont éduqués à la baguette par de jeunes professeurs dont le rôle est de projeter sur écran LCD des cours fournis par le gouvernement. A n'y rien comprendre, il n'y a pas l'électricité, les habitants vivent presque en autarcie et le pouvoir spollie l'argent avec ce genre de matériel.  A moins que des aides internationales ne soient passées par là. Quoi en penser?

 

Souvenir actuel de ce pays avec quelque mois de recul:   Forcément des paysages magnifiques mais une population très nombreuse certainement mal assistée lors des sécheresses des années 80 qui pense que les occidentaux ne sont fait que pour payer. Un français rencontrer dans une station essence, alors qu'on nous refusait du carburant, vivant à Addis après avoir habité dans plusieurs pays de l'Afrique australe nous confirme notre sentiment: l'étranger est mal aimé.

Publié dans Articles des grands

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