Enfin partis...
Par cette fin d’après-midi du 16 juillet, nous avons quitté le camping « à la ferme » de Rogéville, dont nous remercions à nouveau les propriétaires et amis!
Tout était donc enfin prêt, calé, rangé ou presque: des modifications du cuiseur solaire sont prévues et seront normalement effectuées en route. Direction l’Allemagne, traversée sous la pluie par les voies rapides bétonnées et dans les bouchons fréquents dus aux travaux. Mauvais souvenirs! L’Autriche avec ses montagnes et ses torrents nous a semblé bien plus attirante: il faudra y revenir pour une visite plus attentive. Et voici l’Adriatique et le premier bain de mer en Italie, à proximité de la Slovénie qui sera traversée en quelques heures au petit matin en transit vers la Croatie où nous avons décidé de ralentir le rythme des kilomètres et de prendre le temps de devenir des touristes.
LA CROATIE
L’interdiction de faire du camping sauvage nous force à dormir dans les camping tous les soirs, de toute façon, il y a peu de place en dehors pour notre véhicule au gabarit un peu gros pour le coin: très peu de chemin en dehors des routes sur la plupart du littoral, collines abruptes et police qui pourrait nous déloger avec amendes. C’est le moments des baignades, sortie en zodiac et planche à voile ( mais le vent est souvent faible).
Les incontournables PLIVITSKAS JEZEROS ont été découverts sous la pluie. Succession de lacs en cascade, classés au patrimoine mondial par l’Unesco, ce site unique dû à la qualité de l’eau transparente et chaude qui forme des barrières de dépôts qui s’effondrent ensuite est actuellement une usine à touriste: difficile d’apprécier à sa juste valeur cet endroit. Décidément, nous préférons les cascades africaines bien moins remarquables, mais découvertes après une piste cahotante et sous une chaleur torride qui rend le bain encore plus appréciable ( attention malgré tout aux parasites type bilarziose) Les ours et loups présents dans la région ne seront pas rencontrés: nos enfants sont-ils trop bruyants? Non! Cette région de plateau d’altitude est rurale et verdoyante, produit du fromage de vache et de brebis vendu au bord de la route: il est extra.
De retour vers le sud du pays et le littoral nous nous promenons dans Trogir et Dubrovnik vieilles villes fortifiées. La deuxième est un lieu commun des séjours en Croatie: de nouveau bondées de touristes, et accueil qui va avec. Nous avions été prévenu: la chaleur humaine n’est pas un point fort ici. Mais qu’en est-il sur la côte d’azur au mois d’août?
Pour nous rendre dans la vieille ville de Dubrovnik, nous avons emprunté un bus local, impossible de parqué Baobab en ville. Etant assis parmi les usagers habituels, une jeune personne nous a spontanément indiqué l’arrêt pour nous, après un sourire adressé aux enfants: ne généralisons donc pas.
LE MONTENEGRO
Lever tôt, départ avant la chaleur vers la frontière monténégrine toute proche: 2 heures d’attente malgré tout. Les formalités sont assez rapides pour nous, mais certains étrangers doivent souscrire une assurance à la douane. La nôtre est valable. Il faut malgré tout acquitter une éco-taxe de 30 euros pour le camion afin de participer à la lutte contre la pollution. Mais qu’est-ce que la pollution ici? Effectivement, la campagne ressemble plus à l’Afrique et ses sacs plastiques éparpillés qu’à nos campagnes européennes.
A nouveau passage obligé, nous longeons les bouches de Kotor, passage très étroit de la mer qui entre dans les terres. Rafraîchissement grâce à un bain de mer en fin d’après midi dans le seul endroit où nous pouvons stationner: plage bondée à ne plus trouver de place pour sa serviette… le bonheur! Nous terminons la journée par quelques kilomètres vers Podgorica, capitale de l’Etat. Nous trouvons un petit chemin tranquille pour la nuit, enfin le calme retrouvé du camping à l’écart des «auto camp ».
Debout aux aurores, départ et… le démarreur ne lance pas le moteur, rien en tournant la clé de contact. Recherche de la panne, puis le « spécialiste en électricité » à diagnostiquer: c’est le démarreur. Le basculement de la cabine est impératif, ceux qui nous ont déjà aidé comprendrons que l’ambiance est plutôt tendue! Mais depuis le premier voyage, les enfants ont grandi, pris de force en ramant à l’aviron, et le démontage de la capucine est devenu un jeu d’enfants. Soulagement. Un démarreur de rechange fait parti du stock de pièces prévu au départ, la réparation n’est donc pas un souci. ( en fait, c’est apparemment les tiges filetées supportant les cosses qui se sont desserrées, mais le nouveau est en place). Journée stressante à cause de la panne, mais aussi atmosphériquement lourde, un orage violent éclatera vers 17 h juste après avoir replacé le tiroir de la capucine: nous ne dormirons pas dans l’eau ce soir. Cette réparation a été effectuée non loin de plusieurs maisons, avec plusieurs passage d’automobiliste en cours de journée. Plus d’une fois on nous a dit bonjour de loin en levant la main, un monsieur de passage avec sa récolte de tomate nous a fait signe de venir pour nous en offrir, mais jamais personne n’est venu s’inquiéter de notre problème. Encore une différence avec l’Afrique, où une réparation sur le bord de la route pour bricoler des silent-blocs sous le radiateur moteur s’est terminée à 4 ou 5 sous le camion… Un arrêt à Rosières en haye au petit matin lors de notre premier voyage, avec capot intérieur levé et mécanique au programme avait suscité la même indifférence.
L’ALBANIE, LA MACEDOINE
Sommes-nous encore en Europe? Bakchich à la frontière à l’entrée en Albanie pour le policier qui exige 10 euros par passeport, pauvreté générale flagrante, avec malgré tout de très belles voitures qui circulent, conduite sport dans Tirana, et pas de place pour stopper le camping-car à l’écart de la route. Nous circulons dans une vallée encaissée où les lopins de terre sont cultivés à la main et n’ont pas de chemin d’accès. Nous trouverons finalement 2 km avant la frontière macédonienne un chemin de terre rouge qui s’éloigne du macadam. C’est en fait le passage de camions qui transportent du minerai de fer d’une mine proche vers la Macédoine. Tout ceci expliqué en albanais par les gardiens qui nous demandent de nous garer près de leur cahute: nous seront bien gardés pour la nuit. « Néma problèma » a-t-il dit alors que retentissent les tirs de mines pendant que nous partageons une bière, française pour eux, croate pour moi. Des bunkers individuels ou plus gros jalonnent le côté de la route, l’ancienne dictature a laissé des traces.
La Macédoine, ou FYROM est plus agricole et verdoyante dans cette partie sud. Anciennement yougoslave, il semble régner une douceur de vivre, surtout à Bitola, petite ville accueillante où les enfants mangeront une pizza pour midi au restaurant, plat très local comme tout le monde le sait!
Rencontre à la frontière: un motard australien roulant en BMW revient du Cap-Nord depuis la Grande Bretagne et retourne vers chez lui via Iran et Pakistan.
DE NOUVEAU L’UNION EUROPEENNE:
LA GRECE
Après concertation familiale, nous avons décidé de nous limiter à la partie nord de la Grèce: en effet, il est de nouveau interdit de dormir hors des campings, et le gasoil est encore cher ici. Nous allons donc limiter un peu les kilomètres, même si le camion semble moins consommer avec notre adaptation de moteur Pantone.( cf article s’y consacrant).
Bravant les interdits, nous restons pour 1 nuit le long d’un lac en contre-bas d’un village, peuplé de pélicans, mouettes, goélans, et autres cigognes. Un motard allemand dormira à la belle étoile à quelques mètres du camion. Peut-être le reverrons-nous, il va vers le Kenya via la Syrie, Jordanie, mais plus tôt que nous.
Ne négligeant pas l’aspect culturel, nous sommes aller à Vergina, site archéologique où ont été découvertes les tombes de Philippe II ( ou Philippe de Macédoine et de son petit fils, Alexandre IV, lui-même fils d’Alexandre le Grand. Site classé par l’Unesco a juste titre, les découvertes datant seulement des années 1970/1980 des nécropoles intactes de 300 av JC sont époustouflantes Un site à ne pas manquer. Diadème en feuilles de chênes en or, coffret également en or, magnifique. ( mais de photos à vous montrer).